AFFELNET 2009 : AFFectation des ELèves par le NET pour
l’entrée en seconde
En cette période estivale
de fermeture des établissements, la course aux places dans les lycées publics
est en suspens, avant la réouverture des services académiques et la forte
pression à venir sur les lycées les plus demandés...
1er bilan des
affectations en seconde,
La Peep Paris ne
soutient pas le remplissage des classes
au-delà de 35 élèves, ce qui est déjà le cas dans beaucoup de lycées car il a
bien fallu résoudre les problèmes d’affectation. A l’approche des 40 élèves par
classe nous tirons la sonnette d’alarme, car c’est la sécurité même des élèves
qui est en cause. Compte tenu du nombre d’élèves encore à affecter, venant du
privé ou emménageant durant l’été, les effectifs à la rentrée risquent d’être
pléthoriques dans certains établissements.
Le 6 juillet, avant le
second tour des affectations, le nombre de places vacantes en 2de générale
s’affichait sur le site de l’académie à 461 (+8 en chinois et 7 en rugby) or il
restait officiellement 572 élèves du 1er tour à affecter ! Déjà un déficit de 111 places au cours
de la procédure !
Même si 2 divisions ont
été créées depuis et même si un pourcentage d’élèves quittent Paris durant
l’été, il manque sérieusement de places pour tous ceux qui vont emménager et
les 600 élèves annoncés venant du privé et non encore affectés.
Il aurait fallu mieux
informer et surtout, prévenir plus tôt les parents du privé de ces difficultés.
Les collégiens du public quant à eux, n’ont pas d’autre choix que de passer par
la « moulinette » Affelnet avec le risque au final d’obtenir une
proposition d’affection dans un lycée éloigné et/ou non choisi.
Il nous parait juste que
les élèves du public qui sont restés dans leur collège de secteur passent avant
ceux du privé dans le couloir d’entrée des lycées publics. D’ailleurs, les
lycées privés pratiquent de la sorte avec leurs élèves.
Quoiqu’il en soit, il faut
chercher des solutions, prendre des mesures, redonner des moyens, les 2
divisions créées absorbent au maximum, 70 à 80 élèves. Il faut anticiper car la
rentrée va arriver très vite !
Certes il reste toujours
des places disponibles dans les lycées les moins attractifs du fait de leur
situation géographique ou de leur environnement. L’accompagnement des élèves y
est développé et les programmes étudiés partout les mêmes, mais les résultats
obtenus au bac restent déterminants dans l’esprit du public, quel qu’il soit,
et influencent le choix des lycées. Et qui n’a jamais comparé les taux de réussite
au bac ?
L’objectif du logiciel
Affelnet est plus de mixité scolaire et sociale. Personne ne conteste
l’attribution de points supplémentaires aux élèves boursiers. Mais renforcer
l’égalité des chances, ne se limite pas à un critère pécuniaire. Pas de
bonification prévue pour les élèves méritants, issus de collèges difficiles,
s’ils dépassent de peu le critère boursier. Et pas de politique scolaire de
soutien mise place.
Dans les lycées très
demandés où le niveau d’exigence est important, la surcharge des effectifs et
la baisse de la DHG, ne facilitent pas la mise en place d’aide individualisée.
Les professeurs ne sont pas toujours préparés à accueillir des élèves de
niveaux scolaires différents et les élèves les plus fragiles risquent de perdre
pied dès le démarrage de la classe de seconde, qui est déjà en soit un cap à
franchir après le collège. La PEEP dénonce cette absence de politique scolaire
d’accompagnement, complément nécessaire et indispensable au logiciel
d’affectation.
.
En ce qui concerne la
rentrée 2009, le Rectorat a annoncé le 8 juillet dernier avoir atteint son
objectif avec 100% des élèves affectés ! La réalité est plus nuancée.
D’abord il ne s’agit que
des élèves issus des collèges publics parisiens, et l’on mesure déjà les
problèmes de la prochaine rentrée quant à l’affectation dans des lycées déjà
pleins, des élèves en attente.
Nous avons reçu trop
d’appels de familles désorientées, aussi bien dans la voie générale et
technologique que dans la voie professionnelle avec des élèves traités injustement par le logiciel,
pour ne pas réagir.
Tant que les
dysfonctionnements constatés ne seront pas expliqués et solutionnés, nous ne
pouvons pas nous satisfaire de cette procédure mise en place pour la 2ème
année consécutive dans notre académie. La Peep a alerté le Rectorat sur les
risques que comportait une machine programmée sans prendre en compte la réalité
humaine.
Une nouvelle version
d’Affelnet a semble-t-il été testée cette année. Les résultats sont loin d’être
concluants.
C’est flagrant pour la
voie professionnelle où les élèves ont été affectés sans tenir compte d’un
élément essentiel que la Peep a toujours défendu : la motivation pour
exercer une activité. Exemple d’une jeune fille attirée par les métiers de
l’hôtellerie et qui se retrouve en comptabilité, alors qu’elle n’a aucun goût
pour les chiffres. Après coup, le rectorat essaie de rectifier le tir en accord
avec les chefs d’établissement, mais nous regrettons vivement de ne pas avoir
été entendus lorsque nous demandions d’effectuer des essais préalables avant le
1er tour, pour vérifier la cohérence des affectations. Il y a
urgence à trouver des solutions pour tous les élèves de l’enseignement
professionnel à la rentrée 2009, au risque de voir l’absentéisme et la
déscolarisation se développer.
L’affectation manuelle des
élèves qui existait auparavant était très critiquée pour son manque de
transparence et d’équité. Il y avait aussi un pourcentage d’élèves
insatisfaits, car non choisis par les lycées qu’ils demandaient, mais au moins
ils savaient à qui s’en prendre, alors qu’avec le logiciel, des situations
apparemment injustes n’obtiennent pas d’explications, encore moins de la part
des informaticiens qui doivent
prendre le temps d’analyser les résultats avant de déterminer s’il s’agit d’une erreur de saisie, voire de
paramétrage, encore plus lourde de conséquences sur le plan humain.
En passant du tout
manuel au tout machine n’est-on pas allé d’un extrême à l’autre, avec toujours
les mêmes écueils, manque d’équité et de transparence ?
On est passé du
« marché aux élèves » à une sorte de loi du marché. Les parents n’ont
aucun repère sur le total de points au barème requis pour demander tel ou tel
lycée, qui dépend de l’offre de places, elle non plus précisée !
D’où l’inquiétude
perceptible des parents devant tant d’incertitude. On est bien loin d’un
système plus simple, plus clair et plus lisible pour tous.
Difficile également pour
quiconque de conseiller ou d’influencer les choix des familles sans leur faire
prendre des risques.
Le système a défavorisé
les élèves moyens, et situation inédite : même des élèves plutôt bons !
Que répondre à un élève
assidu et méritant, avec une moyenne des notes à plus de 14 qui est rejeté de
tous ses vœux au 1er tour et qui n’a plus réellement de choix au 2ème
tour, voire aucun s’il pratique une langue rare.
Le paramétrage des langues
vivantes rares devait assurer, nous avait-on annoncé, la montée pédagogique des
collégiens pratiquant ces langues, en particulier pour le russe.
Sur ce plan également,
Affelnet n’a pas tenu ses promesses et ce n’est que grâce à la bonne volonté
des chefs d’établissement que des solutions ont été trouvées mais pas pour
tous les élèves !
Dans les cités scolaires,
le brassage des collèges n’a pas été clairement explicité aux familles qui
croient naturellement à la poursuite des études jusqu’au bac dans le même
établissement
Et où est l’équité lorsque
le critère fratrie qui peut rapporter 50 points n’est pas interprété et
appliqué partout de la même manière ? Alors que quelques points d’écart
peuvent tout changer lorsque les vœux tournent dans la machine.
Où est la transparence
lorsque l’on indique aux parents que les résultats scolaires comptent beaucoup,
700 points sur 1500, mais aucun contrôle des notes réellement saisies dans le
système n’est possible. Compte tenu du nombre de matières prises en compte, une
erreur peut toujours se produire et aucun recours n’est prévu. Quant au lissage
«national» appliqué pour réduire les écarts entre collèges dans les échelles de
notes, la formule n’est pas dévoilée.
D’autres critères sont à
revoir comme la bonification du 1er vœu ou le découpage en 4 grands districts
qui ne répond pas forcément au critère de proximité pour les élèves domiciliés
aux extrémités.
Nous sollicitons une
analyse précise des résultats des affectations 2009 et des éclaircissements sur
les paramétrages du « système ».
C’est pourquoi nous
demandons la mise en place d’un
groupe de travail dès la rentrée, sous l’égide de M. l’Inspecteur de l’académie
et de son équipe dont l’expérience des affectations cette année permettra
d’entrer dans le vif du sujet et d’avancer sur les paramétrages de
l’application, afin que toutes les spécificités de l’académie soient le mieux
possible prises en compte.
Virginie Hagemeijer
Présidente PEEP Paris