Mouvement spontané des parents en colère contre Affelnet 2009

Sans Lycée Fixe, pas d'avenir !

 
ACCUEIL-ACTUS      EXPRESSIONS LIBRES      Fédé. parents d'élèves
 
 
02/09/09. La PEEP réagit au lancement de notre enquête. 
Ci dessous son communiqué paru en juillet dernier. Et précise :

"Les parents doivent comprendre que leur vote au moment des élections de leurs représentants 
dans les établissements scolaires, est d'une importance capitale. "
 
 

AFFELNET 2009 : AFFectation des ELèves par le NET pour l’entrée en seconde

 

En cette période estivale de fermeture des établissements, la course aux places dans les lycées publics est en suspens, avant la réouverture des services académiques et la forte pression à venir sur les lycées les plus demandés...

 

1er bilan des affectations en seconde,

 

La Peep Paris ne soutient pas le remplissage des classes au-delà de 35 élèves, ce qui est déjà le cas dans beaucoup de lycées car il a bien fallu résoudre les problèmes d’affectation. A l’approche des 40 élèves par classe nous tirons la sonnette d’alarme, car c’est la sécurité même des élèves qui est en cause. Compte tenu du nombre d’élèves encore à affecter, venant du privé ou emménageant durant l’été, les effectifs à la rentrée risquent d’être pléthoriques dans certains établissements.

 

Le 6 juillet, avant le second tour des affectations, le nombre de places vacantes en 2de générale s’affichait sur le site de l’académie à 461 (+8 en chinois et 7 en rugby) or il restait officiellement 572 élèves du 1er tour à affecter !  Déjà un déficit de 111 places au cours de la procédure !

 

Même si 2 divisions ont été créées depuis et même si un pourcentage d’élèves quittent Paris durant l’été, il manque sérieusement de places pour tous ceux qui vont emménager et les 600 élèves annoncés venant du privé et non encore affectés.

Il aurait fallu mieux informer et surtout, prévenir plus tôt les parents du privé de ces difficultés. Les collégiens du public quant à eux, n’ont pas d’autre choix que de passer par la « moulinette » Affelnet avec le risque au final d’obtenir une proposition d’affection dans un lycée éloigné et/ou non choisi.

Il nous parait juste que les élèves du public qui sont restés dans leur collège de secteur passent avant ceux du privé dans le couloir d’entrée des lycées publics. D’ailleurs, les lycées privés pratiquent de la sorte avec leurs élèves.

Quoiqu’il en soit, il faut chercher des solutions, prendre des mesures, redonner des moyens, les 2 divisions créées absorbent au maximum, 70 à 80 élèves. Il faut anticiper car la rentrée va arriver très vite !

Certes il reste toujours des places disponibles dans les lycées les moins attractifs du fait de leur situation géographique ou de leur environnement. L’accompagnement des élèves y est développé et les programmes étudiés partout les mêmes, mais les résultats obtenus au bac restent déterminants dans l’esprit du public, quel qu’il soit, et influencent le choix des lycées. Et qui n’a jamais comparé les taux de réussite au bac ? 


L’objectif du logiciel Affelnet est plus de mixité scolaire et sociale. Personne ne conteste l’attribution de points supplémentaires aux élèves boursiers. Mais renforcer l’égalité des chances, ne se limite pas à un critère pécuniaire. Pas de bonification prévue pour les élèves méritants, issus de collèges difficiles, s’ils dépassent de peu le critère boursier. Et pas de politique scolaire de soutien mise place.

Dans les lycées très demandés où le niveau d’exigence est important, la surcharge des effectifs et la baisse de la DHG, ne facilitent pas la mise en place d’aide individualisée. Les professeurs ne sont pas toujours préparés à accueillir des élèves de niveaux scolaires différents et les élèves les plus fragiles risquent de perdre pied dès le démarrage de la classe de seconde, qui est déjà en soit un cap à franchir après le collège. La PEEP dénonce cette absence de politique scolaire d’accompagnement, complément nécessaire et indispensable au logiciel d’affectation.

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En ce qui concerne la rentrée 2009, le Rectorat a annoncé le 8 juillet dernier avoir atteint son objectif avec 100% des élèves affectés !  La réalité est plus nuancée.

D’abord il ne s’agit que des élèves issus des collèges publics parisiens, et l’on mesure déjà les problèmes de la prochaine rentrée quant à l’affectation dans des lycées déjà pleins, des élèves en attente.

Nous avons reçu trop d’appels de familles désorientées, aussi bien dans la voie générale et technologique que dans la voie professionnelle avec des élèves traités injustement par le logiciel, pour ne pas réagir.

Tant que les dysfonctionnements constatés ne seront pas expliqués et solutionnés, nous ne pouvons pas nous satisfaire de cette procédure mise en place pour la 2ème année consécutive dans notre académie. La Peep a alerté le Rectorat sur les risques que comportait une machine programmée sans prendre en compte la réalité humaine.

Une nouvelle version d’Affelnet a semble-t-il été testée cette année. Les résultats sont loin d’être concluants.

C’est flagrant pour la voie professionnelle où les élèves ont été affectés sans tenir compte d’un élément essentiel que la Peep a toujours défendu : la motivation pour exercer une activité. Exemple d’une jeune fille attirée par les métiers de l’hôtellerie et qui se retrouve en comptabilité, alors qu’elle n’a aucun goût pour les chiffres. Après coup, le rectorat essaie de rectifier le tir en accord avec les chefs d’établissement, mais nous regrettons vivement de ne pas avoir été entendus lorsque nous demandions d’effectuer des essais préalables avant le 1er tour, pour vérifier la cohérence des affectations. Il y a urgence à trouver des solutions pour tous les élèves de l’enseignement professionnel à la rentrée 2009, au risque de voir l’absentéisme et la déscolarisation se développer.

 

L’affectation manuelle des élèves qui existait auparavant était très critiquée pour son manque de transparence et d’équité. Il y avait aussi un pourcentage d’élèves insatisfaits, car non choisis par les lycées qu’ils demandaient, mais au moins ils savaient à qui s’en prendre, alors qu’avec le logiciel, des situations apparemment injustes n’obtiennent pas d’explications, encore moins de la part des  informaticiens qui doivent prendre le temps d’analyser les résultats avant de déterminer s’il s’agit  d’une erreur de saisie, voire de paramétrage, encore plus lourde de conséquences sur le plan humain.

 

En passant du tout manuel au tout machine n’est-on pas allé d’un extrême à l’autre, avec toujours les mêmes écueils, manque d’équité et de transparence ?

 

On est passé du « marché aux élèves » à une sorte de loi du marché. Les parents n’ont aucun repère sur le total de points au barème requis pour demander tel ou tel lycée, qui dépend de l’offre de places, elle non plus précisée !

D’où l’inquiétude perceptible des parents devant tant d’incertitude. On est bien loin d’un système plus simple, plus clair et plus lisible pour tous.

Difficile également pour quiconque de conseiller ou d’influencer les choix des familles sans leur faire prendre des risques.

Le système a défavorisé les élèves moyens, et situation inédite : même des élèves plutôt bons !

Que répondre à un élève assidu et méritant, avec une moyenne des notes à plus de 14 qui est rejeté de tous ses vœux au 1er tour et qui n’a plus réellement de choix au 2ème tour, voire aucun s’il pratique une langue rare.

Le paramétrage des langues vivantes rares devait assurer, nous avait-on annoncé, la montée pédagogique des collégiens pratiquant ces langues, en particulier pour le russe.

Sur ce plan également, Affelnet n’a pas tenu ses promesses et ce n’est que grâce à la bonne volonté des chefs d’établissement que des solutions ont été trouvées mais pas pour tous les élèves !

Dans les cités scolaires, le brassage des collèges n’a pas été clairement explicité aux familles qui croient naturellement à la poursuite des études jusqu’au bac dans le même établissement

Et où est l’équité lorsque le critère fratrie qui peut rapporter 50 points n’est pas interprété et appliqué partout de la même manière ? Alors que quelques points d’écart peuvent tout changer lorsque les vœux tournent dans la machine.

Où est la transparence lorsque l’on indique aux parents que les résultats scolaires comptent beaucoup, 700 points sur 1500, mais aucun contrôle des notes réellement saisies dans le système n’est possible. Compte tenu du nombre de matières prises en compte, une erreur peut toujours se produire et aucun recours n’est prévu. Quant au lissage «national» appliqué pour réduire les écarts entre collèges dans les échelles de notes, la formule n’est pas dévoilée.

 

D’autres critères sont à revoir comme la bonification du 1er vœu ou le découpage en 4 grands districts qui ne répond pas forcément au critère de proximité pour les élèves domiciliés aux extrémités.

Nous sollicitons une analyse précise des résultats des affectations 2009 et des éclaircissements sur les paramétrages du « système ».

C’est pourquoi nous demandons la mise en  place d’un groupe de travail dès la rentrée, sous l’égide de M. l’Inspecteur de l’académie et de son équipe dont l’expérience des affectations cette année permettra d’entrer dans le vif du sujet et d’avancer sur les paramétrages de l’application, afin que toutes les spécificités de l’académie soient le mieux possible prises en compte.

 

Virginie Hagemeijer  

 Présidente PEEP Paris