Parents, si vous décidez de venir
habiter Paris, soyez avertis des risques pour vos enfants de ne trouver aucune
affectation dans un lycée parisien.
Vos enfants ont de grandes
chances aussi de se retrouver affectés d'office dans un lycée professionnel,
option comptabilité ou verrerie ou…, alors que leurs résultats scolaires
au-dessus de tout soupçon, faisant votre fierté, les destinaient, ce que vous
croyiez, à une banale seconde générale, afin de poursuivre d'autres études
supérieures. Espoirs déçus, enfants exclus, l'Académie de Paris l'a ainsi
décidé. Et c'est sans appel, sans recours possible.
Alors que l'Académie de Paris
aura décidé du non-avenir de votre enfant, et qu'elle se sera assurée de
l'impossibilité de tout recours contre une non-affectation, en faisant signer
aux parents des papiers de décharge de responsabilité, l'enfant parisien sans
avenir, bloqué devant la télé (que faire d'autre sans lycée ?) pourra enfin
voir les images joyeuses et rassurantes distillées par les medias d'une rentrée scolaire parfaitement réussie. Et
l'Académie de Paris de continuer de promouvoir la réussite de leur logiciel
Affelnet, bien sûr sans bogues, qui détient maintenant les pleins pouvoir des
affectations des élèves, par des messages heureux sur internet comme "tous
les élèves de Paris entrant en lycée général et technologique le 2 septembre
2009 sont affectés dès le 8 juillet 2009". Parents, vous pouviez alors
partir tranquilles en vacances dès le 8 juillet. Sauf les enfants parisiens décrétés
sans avenir, les "non-prioritaires" comme les Académiciens parisiens
disent, et qui ont été exclus des statistiques du 8 juillet. Combien
sommes-nous ? 10% des élèves parisiens ? Probablement plus ?
Mais aucune donnée ne circule. Surtout pas, ce serait trop scandaleux.
L'omerta. Et maintenant, date de la rentrée, il n'y a plus de lycée pour ces
non-élèves, ni public, ni privé. Tout est complet.
De toutes façons, il faut fermer
des classes, supprimer des postes, pour donner sans contrepartie cet argent
précieux à d'autres. Le présent est important, pas l'avenir, c'est trop loin,
au-delà de la limite quinquennale qui rythme la vie de notre société moderne.
Parents fuyez Paris ! N'y venez
que pour ses musées, ses cinémas, ses restos, ses soirées pipoles, mais pas
pour vos enfants. Le risque est bien trop important de ne pas trouver d'école,
de lycée. Si vous insistez, limitez-vous à un seul enfant. Vous diminuez le
risque. Nous en avons trois, deux sont sur le carreau, en rade, non affectés…
sans avenir ? Nos enfants sont pourtant de bons élèves, mais ils ont fait
parti des 10% de non-prioritaires sans explication dont le sort n’a été réglé
que le 28 août. Pas de chance, car seule la chance compte ici. Vous me direz
que tout le monde ne peut pas gagner à la loterie des affectations d’élèves
parisiennes. Vous avez raison. C’est vrai, il faut être maso, tout est cher à
Paris, et les rues sont de plus en plus sales. Faire vivre trois enfants nés à
Paris dans un petit appartement hors de prix (ah le marché immobilier qui
grimpe au Paradis), faut le vouloir ! Non, il faut être bête: depuis que deux
de nos enfants ne font pas leur rentrée scolaire 2009, sans aucune explication
de l'Académie de Paris, plus rien n'est pareil.
Voilà pourquoi, Parents, fuyez
Paris. Les chances sont trop importantes que votre enfant ne soit tout
simplement pas affecté dans un lycée public parisien, ou mal affecté, et sans
les options demandées. Cela se passe ainsi et il n'y a pas de règles, ce n'est
pas un concours, ni même un examen supplémentaire. C'est comme cela. Et
l’Académie vous fait comprendre que le recours est impossible. Vous êtes
méprisable parce qu'ils n'ont pas de solution, piégés dans un conservatisme,
une absence d'initiative et de concertation, un manque d'esprits visionnaires.
Il ne vous restera que le passe-droit. Et vous allez prendre un congé sans
solde, et courir inutilement à la recherche d’un hypothétique lycée privé qui
puisse avoir une place, et que restera-t-il ? Notre sentiment, mais c'est la
réalité, d'avoir été piégé par une Académie de Paris qui ne respecte pas sa
mission. Nous sommes parents de trois enfants parisiens, dont des jumelles sans
affectation en classe de seconde générale le 2 septembre 2009. Cette ville est
insoutenable pour les familles. Et nous sommes encore plus nombreux dans cette
situation, mais personne ne nous voit.
M.H
www.parentsencolere.net